Simone PICCIOTTO

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Simone PICCIOTTO

    Les peintures de Simone PICCIOTTO racontent des histoires fabuleuses, un geste qui puise dans une réserve inépuisable d'images dont elle déroule les métamorphoses dans des alluvions de peinture, de collage de papiers peints, de tissus, d'objets désuets et incongrus, vestiges d'une mythologie du quotidien, dénichés dans des brocantes.

     L'artiste procède par détournements, piège l'entendement dans des rebuts plastiques qui nous entraînent pour une errance poétique, dans laquelle toutes les pistes sont possibles.

    Si la liberté gestuelle induit un procédé proche de celui du cadavre exquis, une logique dicte la composition élaborée par strates, desquelles naissent des hybridations morphologiques.

    Tout commence par la tête, un signe de reconnaissance pour Simone Piccioto qui reste attentive à la lisibilité de la composition, inscrite dans une profusion de détails. Ses grandes qualités de dessinateur sous-tendent ses portraits et son univers onirique né de ses rêves nocturnes auxquels elle donne forme et couleurs. Ses songes, bachelardiens, revivent dans des scènes habitées par des corps et transformations, qui évoluent dans l'air et des fonds aquatiques dont les éléments disparates participent de leur fantasmagorie.

    Coloriste en verve, sa palette libère des couleurs tendres et chatoyantes. Une saveur charnelle particulière se dégage des matières marquées par l'usure du temps.

    Le monde de Simone Picciotto est celui de l'enchantement.

    Lydia HARAMBOURG

    Membre correspondant de l'Institut Académie des Beaux-Arts

 

 

 

    Le monde de Picciotto est celui de la démesure, d'une ivresse formelle et colorée qui nous rapproche le plus du théâtre, au sens traditionnel. Le théâtre des origines, celui des tréteaux où les masques sont miroirs dans lesquels se regarde la vie mythique de l'homme.   

  Ainsi ses tableaux déroulent-ils une histoire sans origines et qui ne s'arrête pas. De l'un à l'autre circulent des récits multiples, en abîmes, qui s'y croisent, s'entrelacent, s'accumulent habités de personnages qui s'offrent comme des hybridations ludiques. Dans l'incomparable profusion visuelle de son fantastique personnel, Picciotto nous fait partager ses émerveillements, ses doutes, ses peurs, ses rêveries pour une tragi-comédie peinte et construite à partir d'objets désuets et incongrus, où se mêlent verroterie, papiers peints et morceaux d'étoffes.   

   Alors peut commencer l'étrange ballet, le va et vient entre conscient et inconscient duquel vont surgir des formes dotées d'un sens toujours réversible pour leur faire franchir l'en deçà du miroir. Picciotto élabore sa toile par alluvions de matières et de peinture, par strates pour une "histoire sans mots". L'imagination dame le pion à la raison. L'invention se tient tapie, à l'ombre de la fastueuse réserve dont l'artiste est la seule à connaître l'infini registre des métamorphoses. Tout commence toujours par la tête qui dicte la création en devenir. Tout est alors possible. Un signe de reconnaissance, comme le boitier d'une montre pour simuler l'œil, et alors, comme l'on remonte une mécanique, Picciotto avance par gradations plastiques dont l'altérité rituelle fait monter à la surface, les héros d'un microcosme en perpétuelle renaissance. Manipulatrice du sens comme des images, elle retourne ses souvenirs, subvertit l'entendement pour une errance dans le temps. Le temps qui brouille les pistes, qui use et ronge, qui transforme et fait renaître autrement.

    L'œuvre est reprise et fonctionne dans l'analogie, vivifiée par la proximité en attente des vestiges d'une mythologie du quotidien, travaillée par une alchimie mystérieuse. La surface se gonfle des épaisseurs de matières traitées en peinture. Le carton ondulé, le grillage provoquent un mouvement ondulatoire tout en accrochant la couleur généreuse et sensuelle dans ces superpositions de plans. Un souffle épique parcourt cette fabuleuse geste de notre époque. L'œil suit amusé, ému ces épisodes scandés au rythme des adjonctions matiéristes. Les rapports qui les sous-tendent leur confèrent vie et vérité. Celles de Picciotto qui, dans une absolue liberté, échafaude un conte d'une logique systématique dans sa rigueur. Le contrepoint est donné par la richesse de sa palette luxuriante, aux résonnances tendres et sonores.

    Les peintures de Picciotto sont des échappatoires de rêve qui nous invitent à relire la vie avec une perception aiguisée, tour à tour lucide et candide, qui en modifie la vision. Elles sont un jeu pour l'esprit, délectation visuelle et dégagent une saveur charnelle intemporelle. Avec Picciotto, le bonheur est à portée du regard.

    Lydia HARAMBOURG

    Historienne Critique d'art

 

 

 

 

 

                                                      "Simone Picciotto a de la verve et de l'humour 

Une façon, bien à elle, de conter l'improbable ou l'absurde.

C'est une conteuse intarissable."

 

 

 

 

"Venu du ciel" 59 x 44

 

 

 

"Diane assise" 100 x 64 Encre de chine - feutres et crayons

 

 

 

 

"L'aigle écarlate" 62 X 49  

"La dame au chapeau bleu" 61 x 50 SHD