Philippe DESME

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    Philippe DESME

    Dans l’œuvre picturale de Philippe Desmé, pas de lumières éclatantes éclairant des paysages paisibles, pas de mouvements agités troublant l’ordinaire des scènes de genre, le temps s’est arrêté, sous le voile d’une douce et languide tonalité.
    
Il semble que sont venus, pour nous, les beaux jours tant rêvés, tant attendus, de ces jours où l’on voudrait s’abîmer à jamais dans la nostalgie heureuse d’un âge imaginaire retrouvé, dans la suavité des images d’une terre remémorée d’un passé aboli mais sublimé, refoulant, bannissant notre présent frénétique, dévorant, notre mal à l’âme du siècle.

    Un moment rare baigné dans une atmosphère romantique que seules les grâces de l’art peuvent réveiller du monde des songes.

    Charles Gourdin 

 

Philippe Desmé ou la force double de l’Art

    Philippe Desmé agit à double titre dans le domaine de la Peinture : à la fois en tant que peintre et en tant que restaurateur d’œuvres picturales. Ainsi, a-t-il eu à franchir maintes étapes de manière à conquérir sa liberté vraie ; après avoir sans doute engagé une lutte contre lui-même en réformant conjointement son entendement afin de contrer les habitus hérités d’un statut de technicien et de spécialiste de l’Art.

   Certaines productions semblent, en effet, avoir conservé la trace que les poussées successives de son tourment intérieur ont imprimée à sa recherche formelle. Ce qui peut nous permettre de mieux comprendre ces montages de petits formats, ces associations qui contiennent simultanément la rupture de leurs analogies, la juxtaposition et la distribution, a priori aléatoire d’objets et de sujets qui se conforment en fait à une grande rigueur spatiale. Ce qui apporte une intense originalité à la syntaxe d’une telle œuvre.

   Au-delà, l’artiste a trouvé ce « non lieu » que constitue en soi la Toile. Ou plutôt ce « là » où s’effectue, avant l’impression, l’effusion directe du réel vers son support matériel ou humain. D’où ces panoramas perçus de loin par un observateur posé en une neutralité active où vaguent des foules, tantôt en quête d’automatismes grégaires, tantôt dans l’attente d’une compassion capable de les détacher du socle rigide d’une parole utilitaire et d’un silence collectif.

   D’où aussi ce paysage d’indifférence, comme cette Gare d’Ambérieu qui fait entrer en collision le donné et le ressenti dans la pesanteur inerte d’un anonymat qui figure dans son objectivité froide et sa banalité extrême, l’angoisse fondamentale que suscite une présence au monde même dépourvue de visée consciente.

   " ... Toute une expérience humaine se trouve ainsi contenue dans son geste.
Et ce geste qui fait l’œuvre, geste fragile, vulnérable, exposé à l’impuissance, à l’échec jusqu’à l’achèvement de l’œuvre, ce geste devient, une fois accompli, une voix nouvel
le qui dit
la vie où l’être humain est enfermé pour le pire et le meilleur. "

   " ... La peinture passe par la main d’une femme ou d’un homme. Concrètement et métaphoriquement parlant, c’est un geste chargé d’une histoire qui ne peut se résumer à une technique même si cette dernière structure le geste, même s’il y a héritage. Cette histoire, c’est l’époque du peintre, sa vie, son corps, sa culture, les acheter du cialis en ligne nouvelles formes d’expression (pas seulement artistiques) qui, forcément, avec ou sans son accord, traversent son art. "

    Extraits du texte de Patrick Barrer sur Philippe Desmé, La Peinture comme art nouveau, 2002

    La préoccupation de Desmé fait par ailleurs, en parallèle, une large part à un érotisme d’une violence et d’une puissance avérées si l’on ose y regarder de plus près : ces scènes au cours desquelles des couples ou des groupes accomplissent convulsivement l’acte amoureux ne se situent pas dans un espace où importent exclusivement polarité et identité sexuelles des protagonistes ; mais plutôt dans celui où dominés et dominant cherchent dans l’écartement des membres, l’extrémisme des postures, l’intromission brutale ou la volonté sauvage de partager la vision directe du génital, comme une métaphore de cette part de vérité cruelle et infernale, transfuge d’expressionnisme, que l’on doit sans cesse disputer à la condition humaine et aux conventions sociales pour perdurer dans son être et survivre.

    Desmé n’exprime pas pour autant un nihilisme ou un pessimisme définitifs au sein desquels prévaudraient une volonté aveugle et une ruse perpétuelle de l’Espèce : a contrario, la mise en scène de sa propre nudité, saisie dans un quotidien accepté en une docilité quasi mystique, porte ce travail, non pas au rang du seul existentiel ; mais plus loin et plus haut encore, à celui de l’éthique, c’est-à-dire à celui qui fait que chaque être humain doit accepter sa place singulière dans l’universel au même titre que sa propre finitude.

   Xavier Duraffourg, le 3 Mai 2014 

 

 

 

 

Hibernation

Huile sur toile 97 x 146, signée en bas à droite

 

 

Brocante

Huile sur toile 114 x 146, signée en bas à gauche

 

 

 

 

 

 

Place des Terreaux à Lyon

 

 

 

Kermesse

 

 

 

 

 

"Eclipse sur la Place des Terreaux"

 

 

 

"De passage"

 

 

 

"Mêlée"