Philippe DESMÉ

Dessinateur et peintre

Ancien élève de l’Ecole Nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, Philippe Desmé a travaillé comme peintre mural dans plusieurs pays, notamment au Maroc pour le palais d’Hassan II à Agadir.

En France, il a réalisé la restauration de peintures murales dans de nombreuses demeures historiques, en particulier des plafonds de Romanelli au Musée du Louvre et des peintures sur papier du Château des Célestins à Limay.

Il a par ailleurs un travail confidentiel sur le dessin que nous souhaitons montrer bien qu’il soit en décalage avec la recherche d’écritures et de techniques nouvelles. A travers ces dessins, lui qui est aujourd’hui lourdement handicapé nous dit simplement que le bonheur est fait de choses premières.

Philippe Desmé se consacre à l’étude de corps humain dans un espace délimité par une feuille de papier, par une toile ainsi que dans des volumes plus étendues de peintures murales et des mosaïques en marbre. Ces dernières font l’objet de commandes dans le monde entier.

Séléction d’oeuvres

Arbre en hiver

Arbre en hiver

Sous bois

Sous bois

Dessin technique mixte sur papier papier

Dessin technique mixte sur papier papier 18 x 14

Dessin mixte sur papier

Dessin mixte sur papier

Dessin technique mixte sur papier

Dessin technique mixte sur papier

Dessin mixte sur papier

Dessin technique mixte sur papier

Dessin mixte sur papier

Dessin technique mixte sur papier

Dessin technique mixte sur papier

Expositions

Expositions

Expositions personnelles

2014 Galerie Ories, Lyon

1995 Ambronay

1978Galerie Bodhi, Paris

Expositions collectives

2002, 2003, 2005 Europ’Art, Genève

2000 L’Institut des Sciences Cognitives du CNRS de Bron

1974 – 1977 Salon d’Automne, Lyon

1973 Salon des Artistes Français, Paris

Peintures murales, peintures sur verre

Hôtel Scribe, Hôtel Lotti, Paris

Hôtel des Bergues, Genève

Hôtel Marriott Paris, Amman, Tunis

Hôtels particuliers à Paris, Francfort

Banque Julius Bär, Genève

Banque Ferrier Lullin, Genève (49 peintures sur bois en collaboration avec le peintre Mona Hanson)

Agadir, Casablanca, Djéddah, Brazzaville, Bruxelles, Libreville, Londres, Luxembourg, Marrakech, Rabat, Zürich

Collections publiques

Préfecture du Rhône

FNAC

Ville de Lyon

Archives départementales de Bourg-en-Bresse

L.E.P. Lycée technique, Ambérieu-en-Bugey

Article de presse

Philippe Desmé ou la force double de l’Art

Xavier Durrafourg

Philippe Desmé agit à double titre dans le domaine de la Peinture : à la fois en tant que peintre et en tant que restaurateur d’œuvres picturales. Ainsi, a-t-il eu à franchir maintes étapes de manière à conquérir sa liberté vraie ; après avoir sans doute engagé une lutte contre lui-même en réformant conjointement son entendement afin de contrer les habitus hérités d’un statut de technicien et de spécialiste de l’Art.

Certaines productions semblent, en effet, avoir conservé la trace que les poussées successives de son tourment intérieur ont imprimée à sa recherche formelle. Ce qui peut nous permettre de mieux comprendre ces montages de petits formats, ces associations qui contiennent simultanément la rupture de lerus analogies, la juxtaposition et la distribution, a priori aléatoire d’objets et de sujets qui se conforment en fait à une grande rigueur spatiale. Ce qui apporte une intense originalité à la syntaxe d’une telle œuvre.

Au-delà, l’artiste a trouvé ce « non lieu » que constitue en soi la Toile. Ou plutôt ce « là » où s’effectue, avant l’impression, l’effusion directe du réel vers son support matériel ou humain. D’où ces panoramas perçus de loin par un observateur posé en une neutralité active où vaguent des foules, tantôt en quête d’automatismes grégaires, tantôt dans l’attente d’une compassion capable de les détacher du socle rigide d’une parole utilitaire et d’un silence collectif.

D’où aussi ce paysage d’indifférence, comme cette Gare d’Ambérieu qui fait entrer en collision le donné et le ressenti dans la pesanteur inerte d’un anonymat qui figure dans son objectivité froide et sa banalité extrême, l’angoisse fondamentale que suscite une présence au monde même dépourvue de visée consciente.

La préoccupation de Desmé fait par ailleurs, en parallèle, une large part à un érotisme d’une violence et d’une puissance avérées si l’on ose y regarder de plus près : ces scènes au cours desquelles des couples ou des groupes accomplissent convulsivement l’acte amoureux ne se situent pas dans un espace où importent exclusivement polarité et identité sexuelles des protagonistes ; mais plutôt dans celui où dominés et dominant cherchent dans l’écartement des membres, l’extrémisme des postures, l’intromission brutale ou la volonté sauvage de partager la vision directe du génital, comme une métaphore de cette part de vérité cruelle et inferanle, transfuge d’expressionnisme, que l’on doit sans cesse disputer à la condition humaine et aux conventions sociales pour perdurer dans son être et survivre.

Desmé n’exprime pas pour autant un nihilisme ou un pessimisme définitifs au sein desquels prévaudraient une volonté aveugle et une ruse perpétuelle de l’Espèce : a contrario, la mise en scène de sa propre nudité, saisie dans un quotidien accepté en une docilité quasi mystique, porte ce travail, non pas au rang du seul existentiel ; mais plus loin et plus haut encore, à celui de l’éthique, c’est-à-dire à celui qui fait que chaque être humain doit accepter sa place singulière dans l’universel au même titre que sa propre finitude.

Xavier Duraffourg, le 3 Mai 2014